Vingt-quatre heures de la vie d’une femme- STEFAN ZWEIG

Scandale dans une pension de famille « comme il faut, » sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un de ses clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée…

Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimé chez la fugitive.

Stefan Zweig, auteur autrichien du début du XXème siècle, est mondialement connu pour son très célèbre Le joueur d’échecs, mais aussi entre autres pour Lettre à une inconnue, La confusion des sentiments ou encore Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. C’est de cette très courte nouvelle dont il sera question ici. C’est par le biais du site Livraddict et la lecture commune organisée par Bibliblogueuse, que je me suis plongée dans le récit des vingt-quatre heures de la vie d’une femme, mon premier Stefan Zweig.

Stefan Zweig nous conte une histoire pour le moins banale, surtout pour notre époque où nous prenons de plus en plus de liberté et où le concept de bonnes mœurs à beaucoup moins d’impact. Mais au début du XXème siècle, je comprends aisément que l’histoire de cette femme entretenant des liens intimes avec un homme, jeune qui plus est, ramassé sur le bord de la route, alors qu’il était au bord du précipice, ait pu choqué la société. Cette relation hors de toutes les convenances, encore plus pour cette femme issue d’un milieu de la haute bourgeoisie, ne m’a pas particulièrement scandalisée.

Au delà de cette banale histoire, il faut voir dans cette nouvelle, une réflexion sur la passion que développe chacun de leur côté, la femme, celle de la passion amoureuse, et le jeune homme, la passion du jeu et de l’appât du gain. Et c’est de la passion destructrice dont il est question ici. La femme se retrouve à se donner corps et âme à cet homme, à prendre des décisions inconsidérées, sans recevoir les attentions, la même passion en retour. Quant à l’homme, il tombe tout doucement dans ce cercle vicieux qui pousse les accros au jeu à s’endetter et perdre tout, jusqu’à leurs âmes. La passion est-elle donc bénéfique ou néfaste? A quel moment doit tout stopper la machine?

 

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme est une courte nouvelle qui se lit vite, peut être trop vite justement, ce qui empêche de développer la psychologie profonde des personnages et de s’intéresser et compatir à leurs souffrances. Une plume fluide mais qui manque de passion, une certaine froideur se ressent à la lecture. Je n’ai pas été touché, comme beaucoup de lecteurs, par ce récit de femme. J’ai comme le sentiment d’être passée à côté du message que voulait faire passer l’auteur. Nouvelle plutôt bonne mais sans grande surprise.

 

13/20

 

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2 commentaires sur “Vingt-quatre heures de la vie d’une femme- STEFAN ZWEIG

  1. Dommage que tu n’aies pas aimé plus que ça ! Moi j’ai trouvé au contraire que Zweig explique bien à quel point la pression de la société sur les femmes à cette époque empêche l’héroïne de se sentir libre vis-à-vis de ce jeune homme et vis-à-vis de ses propres sentiments. J’ai aussi beaucoup apprécié l’écriture, que je trouve belle et très travaillée. Espérons que ta prochaine lecture te plaira davantage 😉

  2. Je n’ai pas lu cette nouvelle mais j’ai découvert Zweig avec d’autres titres qui m’ont fait aimer le style de cet auteur! 24 heures est très réputé pourtant!
    Parfois, il ne faut pas chercher! On aime moins et puis c’est tout…

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